
DECEMBRE 2010
SATIETE ou FAIM (suite)
Si la sensation de faim répond à des mécanismes complexes, la régulation de la satiété est mieux connue depuis la description faite en 1999 cela intéresse notre quotidien dans la régulation du poids.
1/ Définir la satiété :
Par rapport à la prise d’aliments, la satiété c’est l’absence de faim ou plutôt le degré ultime du rassasiement.
Si on observe, le rassasiement se voit très bien chez le nourrisson qui ralentit progressivement sa prise alimentaire tout en affichant son plus beau sourire ou sa gaîté. Ce comportement cesse quand apparaît la satiété signant le refus de la bouchée supplémentaire.
La satiété vraie est une sensation qui dure plusieurs heures.
Au XVI ième siècle, Montaigne écrivait : « la satiété engendre le dégoût ». Dit plus élégamment, cela veut dire que quel que soit le met proposé, cette sensation nous fait refuser toute prise alimentaire, parfait !
2/ Comprendre la satiété ?
En 1999 Blundell décrit la « cascade de la satiété » obéissant à 3 stimulus successifs expliquant sa durée;
- les signaux sensoriels : le goût, l’odeur et la texture des aliments
Ils interviennent très tôt pendant le repas.
- les signaux digestifs : en particulier la distension de l’estomac
Leur rôle est déterminant dans les premières heures qui suivent le repas.
- les signaux métaboliques : la digestion, et donc la composition des aliments interviennent dans la prise alimentaire du repas suivant. Ils permettent de différer la prise alimentaire jusqu’à plus de 6 heures sans aucune sensation de faim.
Ces différents signaux sont reçus par le système nerveux central.
3/ Est-ce normal de ne pas ressentir de satiété ?
Si je ne ressens pas de satiété, je dois d’abord penser au comportement du nourrisson qui a peut-être des choses à m’apprendre ou à me rappeler sur le rassasiement!
Je peux m’interroger sur les signaux que j’envoie à mon cerveau. Le message est-il cohérent et complet ?
Je dois identifier la part de mes croyances, des émotions, de l’humeur, de mes frustrations dans mon comportement alimentaire car ils interfèrent sur le mécanisme de «la cascade» au point de générer des troubles du comportement alimentaire.
Ceci doit-être pris en charge si je veux stabiliser mon poids durablement.
Aujourd’hui, des médecins sont formés à la psycho-nutrition.
4/ quelques conseils pratiques pour vivre la satiété (après la faim)?
Sensoriel : commencer systématiquement le repas par des crudités va enclencher très tôt le phénomène de rassasiement ; alors que de la charcuterie ou un croustillant trop palatables retardent l’apparition du premier signal de satiété.
Digestif : les fibres distendent l’estomac. Par ailleurs, l’arrivée des aliments stimule la sécrétion d’hormones du tube digestif qui réduisent la prise alimentaire.
Si je mange lentement la sécrétion sera d’autant plus importante.
Métabolique : les aliments peuvent-être définis par un indice de satiété (IS). Les protéines ont un indice de satiété élevé.
De plus, lors d’un régime protéiné, l’augmentation importante de l’oxydation des graisses (déstockage de l’excès de gras) a une action sur le contrôle de la prise alimentaire. . faites vous conseiller et suivre par un médecin nutritionniste.
5/ Conclusion :
Les mécanismes de régulation de l’appétit existent en chacun de nous ;
Notre mode de vie (repas déstructurés pris trop rapidement et à des heures irrégulières, compensation de phénomènes de stress..) fait que nous ne les stimulons pas suffisamment et que nous avons de la peine à les percevoir.
Les experts s’accordent à dire que ceci explique en grande partie la fréquence de l’obésité ;
Dans notre pays du « bien manger », ces sensations sont, de façon certaine, à retrouver.
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